Full Metal Jacket, Stanley Kubrick (1987)

Full Metal Jacket, Stanley Kubrick (1987)
"T'es tellement tocard que tu pourrais être un chef-d'oeuvre de l'art moderne!".
Le génial Stanley Kubrick aux commande d'un film sur la guerre du Vietnam dans une oeuvre alliant originalité et exemplarité, sadisme et émotion, beauté et horreur, voilà ce qu'est Full Metal Jacket. Un film qui gagne en complexité à chaque vision.
L'histoire est divisée en deux parties distinctes: l'entrainement des recrues au centre de formation des marines de Caroline du Sud sous les ordres d'un sergent instructeur doté d'un langage tout sauf fleuri (dont un exemple est donné lus haut ;-) puis la vie de deux de ces recrues au Vietnam à la veille d'une importante offensive ennemie...
Ces deux parties pourraient presque être deux films distincts tant elles montrent deux réalités opposées de la même période. Dans la première les futurs marines sont tout bonnement déshumanisés et imperméables aux émotions (d'où le titre Full Metal Jacket), ils apprennent qui a assassiné Kennedy et à quel point c'était un bon tireur, mais aussi à passer leur fusil d'une épaule à l'autre rapidement et autres tours uiquement bons pour la parade. Les recrues sont quotidiennement humiliées et insultées par leur sergent instructeur, en particulier un nommé Leonard Pyle coupable d'être trop gros qui est littéralement poussé à bout par tout le monde y compris ses camarades jusqu'à ce qu'arrive enfin le moment d'aller au feu. Dans la deuxième partie on suit les agissements d'un groupe reporter de guerre qui navigue entre prostituées et zones de combat jusqu'à ce qu'une patrouille dont il fait partie soit attaquée par un sniper embusqué on ne sait où, situation dans laquelle tout leur entrainement de marines ne peut rien...
Dans ce film presque tout est inoubliable; le jeu des acteurs, Lee Ermey en tête dans le role du sergent instructeur mais aussi Vincent d'Onofrio dans le rôle de la recrue maltraitée, est tout en justesse avec seulement ce qu'il faut d'exagération, la réalisation est toujours techniquement parfaite (mais on n'en attend pas moins du réalisateur de 2001 l'odyssée de l'espace ;-) et surtout le film évite les stéréotypes: dans Full Metal Jacket il n'y a pas de "bons" et de "méchants" (qu'ils soient ou non américains) mais seulement de pauvres types qui se retrouvent embarqués dans une mécanique implacable ou chacun doit tuer son ennemi et abandonner ses amis s'il ne veut pas mourrir: la guerre dans toute sa splendeur en somme...

# Posté le samedi 05 avril 2008 11:20

Modifié le mardi 08 avril 2008 13:22

Le hussard sur le toit, Jean-Paul Rappeneau (1995)

Le hussard sur le toit, Jean-Paul Rappeneau (1995)
Le cinéma épique n'est pas l'apanage du cinéma hollywoodien, la preuve avec l'adaptation du roman Le hussard sur le toit de Jean Giono. Dans lequel on croise une belle histoire d'amour dans des décors magnifiques ainsi que des scènes à la fois épiques et lyriques.
En 1832 à Aix-en-Provence de mystérieux espions autrichiens cherchent à assassiner Angelo, un colonel hussard italien en exil. Celui-ci est forcé de fuir jusqu'à la petite ville de Manosque pour retrouver ses compagnons d'exil et les avertir du danger qui les menace. Mais 1832, c'est aussi l'année où une terrible épidémie de choléra ravagea le sud-est de la France, toutes les routes sont surveillées par l'armée pour tenter de contenir la maladie et la population est prompte à exécuter sommairement tous les "empoisonneurs" suspectés de contaminer les fontaines publiques. Au cours de son voyage à travers la Provence Angelo va se lier d'amitié avec une femme, Pauline de Théus (interprétée par Juliette Binoche), qu'il va escorter jusqu'à Briançon où elle pourra retrouver son mari avant que lui-même ne rentre en Italie pour préparer la révolution contre l'occupation autrichienne. Sur une route semée d'embuches, ils risquent cependant de tomber malades chaque jour, d'être arrêté par les soldats français ou assassiné par les espions autrichiens.
La qualité de la mise en scène dans le film est éblouissante, que ce soit dans les scènes de foule paniquée qui n'ose pas approcher les personnes soupçonnées d'être infectées par la maladie jusque dans les séquences plus intimistes en passant par le lyrisme des scènes se déroulant sur les toits de Manosque. L'histoire regorge d'images inoubliables comme la manière de se désinfecter les mains lorsque l'on vient de toucher un malade (âmes sensibles s'abstenir ;-). A regarder en souvenir de l'époque bénie où le cinéma français n'était pas représenté presque exclusivement par des comédies formatées mais aussi par des films ambitieux.

# Posté le vendredi 04 avril 2008 11:37

Modifié le samedi 05 avril 2008 10:36

Chagrin d'école, Daniel Pennac (2007)

Chagrin d'école, Daniel Pennac (2007)
"Le Renaudot contre l'échec scolaire" disait la publicité. Effectivement le roman autobiographique de Daniel Pennac Chagrin d'école a pour héros un ancien cancre devenu professeur de français qui a tenté de sauver le maximum d'élèves de la cancrittude.
Le livre commence par la dissection de la situation du cancre qu'était l'auteur dans sa jeunesse, comment il était hermétique à chaque tentative d'explication, comment ses parents s'inquiétaient, comment il se comportait pendant les cours, comment il ne faisait que s'enfoncer un peu plus chaque jour etc. Le tout malgré un milieu familial extrèmement favorisé puisque le père était polytechnicien et l'oncle instituteur. L'histoire embraye ensuite sur la manière dont l'auteur a pu remonter la pente, notamment grace à quelques uns de ses professeurs, puis comment il a décidé de se lancer dans l'enseignement où son experience des difficultés d'aprentissage lui a donné une longueur d'avance sur nombre de ses collègues. Suivent nombre de reflexions sur la manière d'enseigner et sur les idées reçues qu'ont certaines personnnes sur la jeunesse d'aujourd'hui.
Ce qui fait la qualité du livre, c'est outre ses qualités d'écriture l'étude pleine d'intelligence des relations entre parents, élèves et professeurs; relations le plus souvent tumultueuses. Le livre dresse aussi le portrait de professeurs qui savent comment transmettre leurs connaissances même dans les cas les plus difficiles (un professeur de mathématiques notamment que les élèves n'osaient pas déranger tant le plaisir qu'il prenait à enseigner était palpable (Daniel Pennac aurait-il eu Mr Metral au lycée? ;-) ). Tout cela concourt à donner une image somme toute pleine d'espoir de l'Ecole qu'il faudrait offrir à tout ceux qui disent en avoir marre des cours. Quel beau métier professeur! (les amateurs de contrepétries apprécieront...)

# Posté le mercredi 02 avril 2008 11:34

Requiem for a dream, Darren Aronofsky (2001)

Requiem for a dream, Darren Aronofsky (2001)
Encore plus efficace que tous les spots anti-drogue mis bout à bout, Requiem for a dream montre la déchéance de gens qui utilisent de la drogue pour réaliser leur rêves (et qu bien sûr n'y arrivent pas...).
Le personnage principal est un jeune d'une vingtaine d'année, entre deux prise de cocaïne lui et sa copine ont l'intention d'ouvrir un magasin de vêtements. Pour cela ils décident avec leur meilleur ami d'acheter un stock de drogue et de la couper pour en revendre plus et doubler leur mise. Pendant ce temps la mère du héros, littéralement accroc à la télévision, a appris qu'elle va passer dans son émission préférée et décide de faire un régime pour pouvoir rentrer dans la belle robe rouge qu'elle portera ce jour là. Le poids à perdre étant assez important, elle doit alors prendre des comprimés qui se révèlent être des amphétamines pour tenir le coup. Evidemment entre la police, les maladies et les difficultés pour obtenir de la marchandise la situation va vite devenir intenable pour tous ces sympathiques personnages...
Si l'on se souvient de Requiem for a dream comme de l'un des films les plus déprimants jamais vus, c'est d'abord grace à son style visuel original mélant joyeusement des séquences en accéléré, des écrans coupés en deux ou encore un troublant amalgame entre séquences fantasmées et séquences réelles; toutes ces techniques étant au service d'un réalisme souvent effrayant. Le jeu des acteurs est quant à lui irréprochable pour rendre palpable le sentiment de manque, l'actrice qui joue la mère est notamment impressionante. Pour ceux qui envisage de se droguer ou plus prosaïquement de faire un régime aussi sévère qu'inutile comme à ceux qui passent leur temps devant le petit écran, Requiem for a dream devrait être obligatoire...

# Posté le mardi 01 avril 2008 12:20

Le nouveau protocole, Thomas Vincent (2008)

Le nouveau protocole, Thomas Vincent (2008)
Saviez-vous que l'industrie pharmaceutique teste ses médicaments sur les populations les plus pauvres de l'Afrique sub-sahariennne? Bien sûr. Ça tombe bien parce que le Nouveau Protocole en parle très peu.
Après une séquence d'ouverture en Afrique avec des tests sauvages, le film montre un bucheron français joué par Clovis Cornillac dont le fils vient de mourrir dans un accident de voiture. Une route de montagne en hiver et 3 mois de permis, la police n'a aucun doute sur la cause de la mort; le problème c'est que le fils en question participais à des tests pour un nouveau médicament et que le médicament en question a été retiré subitement du marché. Lorsqu'une jeune femme vient lui apprendre que le aboratoire qui supervisait les tests a des choses à cacher, le duo va se mettre à enquêter pour determiner les responsables. De poursuites en poursuites, la situation va devenir de plus en plus à tenir face à un lobby pharmaceutique près à tout. D'autant plus que les deux héros semblent un tantinet paranoïaques...
Ce qui fait la qualité de l'histoire, c'est qu'elle entremèle des faits avérés (les tests illégaux en Afrique) avec une histoire plus que louche mais où l'on se demande si les héros ne font pas fausse route ce qui évite le manichéisme habituel des films consacrés à la lutte d'un seul homme contre une multinationale. En plus les scènes d'action sont nombreuses et haletantes comme on est en droit de l'attendre dans un thriller digne de ce nom. Et la dernière scène est en plus glaçante à souhait...

# Posté le dimanche 30 mars 2008 06:22