Le génial Stanley Kubrick aux commande d'un film sur la guerre du Vietnam dans une oeuvre alliant originalité et exemplarité, sadisme et émotion, beauté et horreur, voilà ce qu'est Full Metal Jacket. Un film qui gagne en complexité à chaque vision.
L'histoire est divisée en deux parties distinctes: l'entrainement des recrues au centre de formation des marines de Caroline du Sud sous les ordres d'un sergent instructeur doté d'un langage tout sauf fleuri (dont un exemple est donné lus haut ;-) puis la vie de deux de ces recrues au Vietnam à la veille d'une importante offensive ennemie...
Ces deux parties pourraient presque être deux films distincts tant elles montrent deux réalités opposées de la même période. Dans la première les futurs marines sont tout bonnement déshumanisés et imperméables aux émotions (d'où le titre Full Metal Jacket), ils apprennent qui a assassiné Kennedy et à quel point c'était un bon tireur, mais aussi à passer leur fusil d'une épaule à l'autre rapidement et autres tours uiquement bons pour la parade. Les recrues sont quotidiennement humiliées et insultées par leur sergent instructeur, en particulier un nommé Leonard Pyle coupable d'être trop gros qui est littéralement poussé à bout par tout le monde y compris ses camarades jusqu'à ce qu'arrive enfin le moment d'aller au feu. Dans la deuxième partie on suit les agissements d'un groupe reporter de guerre qui navigue entre prostituées et zones de combat jusqu'à ce qu'une patrouille dont il fait partie soit attaquée par un sniper embusqué on ne sait où, situation dans laquelle tout leur entrainement de marines ne peut rien...
Dans ce film presque tout est inoubliable; le jeu des acteurs, Lee Ermey en tête dans le role du sergent instructeur mais aussi Vincent d'Onofrio dans le rôle de la recrue maltraitée, est tout en justesse avec seulement ce qu'il faut d'exagération, la réalisation est toujours techniquement parfaite (mais on n'en attend pas moins du réalisateur de 2001 l'odyssée de l'espace ;-) et surtout le film évite les stéréotypes: dans Full Metal Jacket il n'y a pas de "bons" et de "méchants" (qu'ils soient ou non américains) mais seulement de pauvres types qui se retrouvent embarqués dans une mécanique implacable ou chacun doit tuer son ennemi et abandonner ses amis s'il ne veut pas mourrir: la guerre dans toute sa splendeur en somme...




