Au début de la série, Hikaru est un jeune adolescent japonais typique jusqu'à ce qu'il découvre dans un grenier un goban (un plateau pour jouer au jeu de go) habité par Saï, le fantôme d'un joueur de go mort plus de mille ans auparavant et qui était déjà apparu à Shusaku, le meilleur joueur de tous les temps. Sous la pression de Saï, Hikaru va d'abord apprendre à jouer au go puis il va tâcher de devenir de plus en plus fort jusqu'à passer l'examen de professionnel de go; son apprentissage étant rythmé par de nombreuses tentatives de battre Akira Toya, le fils du plus fort joueur japonais actuel.
Si Hikaru no Go a réussi l'exploit de redonner la vocation de devenir joueur professionnel à des milliers de jeunes japonais et s'il a aussi permis à la fédération française de go (FFG) de doubler ses effectifs c'est d'abord parce que l'histoire est remarquablement ficelée et prenante. Le scénario est plein de suspense (qui réussira l'examen de professionnel? Comment Hikaru parviendra-t-il à laisser Saï jouer sans éveiller de soupçon (eh oui un jeune de 14 ans qui massacre les meilleurs pros c'est suspect :-) etc... En plus les dessins de Takeshi Obata sont bons et criants de réalisme, ça change des Pokemons...
Mais si les joueurs chevronnés apprécient aussi ce manga c'est parce que le scénario de Yumi Hota a été supervisé par une joueuse professionnelle et que par conséquent il regorge de détails crédibles concernant les parties jouées (qui sont des parties de vrais joueurs professionnels ;-), les écarts de style entre les joueurs du XIX° et les joueurs contemporains, l'essor du jeu par internet entre des joueurs du monde entier, les résultats des tournois internationaux et j'en passe... Les auteurs ont fait tellement d'efforts au niveau du réalisme que notre Fan Hui adoré (meilleur joueur résident en Europe, joueur professionnel en Chine, enseignant salarié par la FFG et excellent pédagogue à rendre jaloux monsieur Métral ;-) a reconnu les locaux et les joueurs de la fédération chinoise dans les dessins du manga.
Si maintenant vous croisez des gens équipés d'un éventail parlant de leur recherche du coup divin dans la rue, vous saurez qu'il ne s'agit pas d'évadés de l'asile mais de joueurs de go en route pour un stage de go...




