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Sacré Graal, les Monty Python (1975)

Sacré Graal, les Monty Python (1975)
Comme le disait bien la bande annonce: "Il y eut des films tels les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa (qui déchire grave NDLR ;-) qui ont bouleversé tous ceux qui l'ont vu, Sacré Graal n'est pas de ceux-là. S'il est plus puéril que le Septième sceau d'Ingmar Bergman il vous fera bien rire." Sans dire qu'il dépasse le film de Kurosawa (en même temps on ne peut pas décemment comparer le non-sens d'Outre Manche et le meilleur film de sabre japonais jamais tourné...) il faut bien avouer que l'humour de cette adaptation de la légende du Roi Arthur vaut le détour.
Après un générique où l'on apprend que les élans sont dangereux, on entend le Roi Arthur sur son fier destrier (le choix du verbe a toute son importance ;-) qui parcourt son royaume pour recruter des chevaliers. Après quelques rencontres plus ou moins fructueuses (des paysans anarcho-syndicalistes, de fins ornithologues et botanistes ou encore des Français à l'accent improbables et des chevaliers) une apparition divine aux effets spéciaux ravageurs annonce au roi qu'il doit chercher le Graal. Cette quête leur fera croiser la route de monstres plus dangereux que les plus sournois des rongeurs, de jouvencelles désoeuvrées et de princes charmants en détresse ce qui n'est pas toujours sans risques... Seuls les guerriers les plus courageux et les plus intelligents (si si ça sert pour parler d'hirondelles :-) pourront peut être survivre et voir leurs exploits chantés par les ménestrels, dommage qu'il n'y en ait pas beaucoup parmi les chevaliers de la Table Ronde...
Autant l'avouer tout de suite, l'histoire est très bancale et pas du tout fidèle à la légende (il faut dire que les noix de coco étaient inconnues de Chrétien de Troyes...) au contraire de La Vie de Brian réalisé par la même troupe et qui conte la vie d'un contemporain de Jésus. Cependant l'essentiel est ailleurs, dans l'absurdité des situations (saviez-vous qu'on peut remplacer de fiers destriers par des noix de coco?),dans la manière de la souligner (effets spéciaux volontairement aussi pourris que peu crédibles, musique épique pour des images qui le sont moins), dans la constante inventivité des scènes (comment contourner sa non-connaissance de la vitesse de vol d'une hirondelle non chargée par exemple...) si bien que l'on ne sait jamais ce qui va se produire dans les dix prochaines secondes ou encore dans le détournement de certains codes (tous les chevaliers sont courageux, chastes, intelligents et j'en passe) même si dans ce domaine nul ne dépasse Luis Bunuel et son Age d'or.
En définitive comme un film des Monty Python ne ressemble à rien d'autre à moins que le rien d'autre en question ne soit fait par un Monty Python, voir Sacré Graal c'est l'occasion de découvrir un genre à part.
Et n'oublions pas que c'est grâce aux Monty Pythons que Terry Gilliam s'est fait connaître et que sans Sacré Graal on n'aurait donc jamais vu Brazil...

# Posté le vendredi 10 avril 2009 11:51

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